Publié dans Polars / suspense

« L’Oiseau de mauvais augure » de Camilla Läckberg

J’adore cette auteure, comme je te le disais l’autre fois.

Je m’étais régalée avec le premier roman policier où apparait l’héroïne Erica Falck, « La princesse des glaces ».

Donc quand j’ai eu l’occasion de lire « L’oiseau de mauvais augure » grâce à un groupe de livres voyageurs, j’ai pas hésité, même s’il est le 4ème de la série, et qu’il me manque les tomes 2 et 3, à savoir « Le prédicateur » et « Le tailleur de pierre ».

J’avais tout de même un peu peur d’être perdue… Mais en fait, non, tout s’est bien passé. L’intrigue policière principale est indépendante et ne souffre pas de la non-lecture des livres précédents.

Quant à la vie d’Erica, l’auteure parvient à nous faire raccrocher les wagons avec talent en insérant ici et là de petits résumés qui trouvent parfaitement leur place dans l’intrigue.

J’ai donc pu me régaler à fond !

Mais au fait, de quoi donc ça cause, hein ? Hop, 4ème de couv’ !

« L’inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n’a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s’apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D’autant qu’une femme vient d’être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d’un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s’empare d’ l’inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s’emballe. L’émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge…

Dans ce quatrième volet des avantures d’Erica Falck, Camilla Läckberg tisse avec brio l’écheveau d’une intrigue palpitante. Cueilli par un dénouement saisissant, le lecteur en redemande. »

Dès le début, on entre de plain pied dans les intrigues.

Car en fait, si on regarde bien, il y en a quatre :

  1. la vie privée d’Ericka, les préparatifs de son mariage avec Patrick (le policier), la vie de sa soeur qui a vécu un sacré drame, a priori ;
  2. l’enquête sur la mort suspecte d’une habitante de la ville dans un accident de voiture ;
  3. les intrigues viles et veules se nouant entre les participants de l’émission de téléréalité se passant en ville ;
  4. et celle de deux enfants séquestrés, que l’auteure nous distille peu à peu en italique et en introduction de chaque chapitre.

Chapitres dont la construction, alternant de courts passages sur les différentes histoires, m’a tout d’abord un peu déroutée. Puis j’ai adhéré à fond, dans la mesure ou ça accélère ou ralentit le rythme au besoin, et ou ça ménage énormément le suspense !

Le roman se lit donc très vite, d’autant plus que c’est extrèmement bien écrit. Pas de longues descriptions inutiles et chiantes, mais des petites touches ici et là faisant qu’on se représente très bien les choses (perso, j’ai plus de facilités à entendre les voix des personnages qu’à voir leurs tronches).

Les gens sont normaux, ont une vie nomale, ce que j’apprécie dans un roman policier, car c’est dans la rupture de ce train-train quotidien que réside toute l’horreur d’un meurtre (ce qui me fait détester ceux de Fred Vargas, par exemple)

Quant à l’intrigue, je ne suis pas d’accord avec les derniers mots de la 4ème de couverture, à savoir « Cueilli par un dénouement saisissant, le lecteur en redemande. »

Au contraire, j’avais compris le noeud de l’intrigue dès le premier tiers du livre, et deviné qui était coupable dès le deuxième tiers. L’auteure nous conduit de manière très astucieuse vers le dénouement. Du coup, on attend avec encore plus d’impatience les rebondissements, car on sait qui, mais pas quand, pourquoi ni comment !

J’adore les romans policiers où on peut savoir, où on a l’impression de faire partie de l’équipe d’enquêteurs. Comme j’aime les Colombo, où on sait tout dès le début, mais où on se délecte de voir l’inspecteur tout démonter point par point. C’est une des raisons qui font que j’adore regarder/lire encore et encore les Hercule Poirot, pour bien saisir chaque détail et voir comment il s’insère dans la solution.

Bref, j’ai été conquise par ce livre, et n’ai qu’une hâte : que les tomes 2 et 3 sortent ENFIN en poche que je puisse me les acheter !!! (oui, j’aime les Poche, leur prix, leur format…)

Car les tous derniers mots de la 4ème de couverture sont, eux, parfaitement exacts : « le lecteur en redemande » !!!

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« Le poète » de Michael Connelly

L’affaire est claire pour tout le monde ; Sean McEvoy, de la police de Denver, s’est suicidé d’une balle dans la tête. Pour tout le monde, sauf pour Jack, son frère jumeau… Un mot retrouvé près du cadavre le met sur la piste d’autres suicides qui n’en étaient peut-être pas. Leur point commun : des lettres d’adieu reprenant des poèmes d’Edgar Allan Poe. ces meurtres vont se révéler l’oeuvre du tueur le plus redoutable de tous les temps…

Michael Connelly, je ne le connaissais que grâce à la série TV « Castle » dans laquelle il apparait régulièrement et joue son propre rôle lors des scènes de parties de poker avec Richard (Castle), Stephen J. Cannell (scénariste et producteur d’un nombre incalculable de série américaines), Dennis Lehane (« Shutter Island », « Mystic River »…) et  James Patterson (auteur que je ne connais pas encore).

De g. à d. : Richard Castle (interprété par Nathan Fillion), James Patterson, je crois, Michael Connelly et Stephen J. Cannell

Puis j’ai vu un de ses livres dans la pàl à Memy sur Facebook (pas LE pal, hein, c’est pas une descendante de Vlad l’Empaleur, Memy) (enfin, pas à ma connaissance, dumoins) (Memy, si tu me lis… hu hu !)

Bref, on a commencé à papoter, et elle m’a conseillé de commencer la lecture de Connelly par son chef d’oeuvre, « Le Poète », qui, ô hasard, s’est retrouvé sur ma liste d’anniversaire, puis dans mes paquets.

D’emblée, ça a bien commencé. L’écriture est sobre, presque sèche, claque comme un coup de feu. L’auteur ne se perd pas en descriptions inutiles (genre Harlan Coben qui décrit les fringues de ses personnages féminins tous fagotés comme l’as de pique), il n’y a pas un mot de trop. Et ceux-ci sont méticuleusement choisis, rendant la lecture rapide, fluide, aisée.

La construction du livre est également pertinente. On alterne entre deux points de vue, deux narrations, concernant les deux personnages principaux :

– une narration à la première personne, celle de Jack McEvoy, jumeau du flic assassiné, journaliste de son état, qui va mener l’enquête ;

– une narration à la 3ème personne concernant Gladden, une saloperie de pédophile que l’on suit dans ses errances.

Au début, on se demande un peu le lien entre ce dernier et le tueur de flic, puis petit à petit, au gré de l’enquête menée par le journaliste puis par le département des sciences du comportement du FBI (comme dans « Esprits Criminels ») tout s’éclaire (encore heureux, tu vas me dire !)

La galerie de personnages est parfaite. Il n’y en a pas trop, ils sont tous parfaitement crédibles, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs failles, sans être non plus des caricatures complètement torturées (à l’instar des personnages de « Une place à prendre » de JK Rowling, par exemple…)

Quant à l’intrigue, elle est bien menée, sans temps mort, passionnante, mais sans être trépidante non plus. Ce n’est pas un livre qui m’a empêché de m’endormir parce que je voulais savoir la suite. Toutefois, on veut savoir, bien entendu !!!

La fin est bien emmenée, avec plein de rebondissement.

Mais moi, je dirais trop. Et surtout, SURTOUT, à la fin-fin, il n’y a pas de réponse sur le pourquoi. Pourquoi cette personne est-elle devenue céréales serial killer, hein ? Ben on ne le sait pas. Alors certes, on arguera que dans la vie, on n’a pas toujours les réponses à nos questions, on se sait pas toujours le pourquoi du comment. Sauf que là, en l’occurence, ça fait un peu bâclé, échappatoire. Hop, l’assassin c’est cette personne, merci bonsoir.

Dommage, car ce livre est vraiment excellent, sinon. On sent bien le passé de journaliste de Connelly qui a reçu le prix Pulitzer pour ses reportages sur les émeutes de Los Angeles en 1992. Tout est documenté, crédible, précis, comme notamment toute la technologie informatique de 1996, qui parait tellement obsolète aujourd’hui ! Par exemple, quand un des personnages envoie un mail, il nous décrit le processus, le bruit du modem analogique… Trop rigolo !

Ce livre est donc un excellent roman policier, mais je ne dirais pas un chef d’oeuvre non plus, sans doute à cause de cette fin qui ne m’a pas plu. Il n’en reste pas moins qu’il m’a permis de découvrir un auteur dont j’apprécie particulièrement l’écriture, et que je relirai sans aucun doute, puisqu’en plus, une gentille blogpote qui se reconnaîtra m’a offert « Echo Park ».

Affaire à suivre, donc !

« Le poète »

Michael Connelly

Points / Editions du Seuil, 1996

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> Quelque chose dans la nuit , de Mikael Ollivier

« Trois accords en boucle, un riff de guitare, un refrain… 
Something In The Night. Ils sont des dizaines de milliers à avoir entendu cette chanson. Six d’entre eux en mourront. Quatre hommes et deux femmes dont le seul lien est leur passion déraisonnable pour une star, Bruce Springsteen, le Boss. Six fans traqués par la mort de concert en concert, de Madrid à Hambourg, à Londres, Paris et Anvers. 
Suicides ? Accidents ? Une loi des séries à laquelle Damien, gendarme passionné de musique, ne peut croire. Il entraîne malgré lui son frère, le commissaire Guillaume Le Guen, dans une enquête aux quatre coins de l’Europe qui ne cesse de les ramener au plus profond d’eux-mêmes. C’est leur monde qui menace de s’écrouler, vingt années de passion partagée. C’est leur vie qui est en jeu. Car comme il est dit dans la chanson de Springsteen qui donne son titre au roman : « Rien n’est oublié ni pardonné. » »

S’il y a un livre qui avait tout pour me plaire, c’est bien celui-là ! Un polar dans l’univers du Boss Bruce Springsteen ! C’est mon gentil beau-frère Topol qui me l’a fait emmener par le Père Noël. Cependant, comme je lis en fonction des saisons (ben oui, que veux-tu…) et que l’hiver m’est plus réservé à l’Heroïc Fantasy et aux grands classique (mais instinctivement, hein, c’est pas réfléchi !), je n’ai véritablement eu envie de m’y plonger que cet été.

C’est donc fébrilement que j’entamai la lecture de ce roman écrit par un des plus grands fans de Springsteen, Mikaël Ollivier, qui a d’ailleurs écrit sa biographie dite de référence : « Bruce Frederick Springsteen » chez Le Castor Astral et préfacée par Antoine de Caunes (tu vois un peu, quoi…).

A l’issue des deux premiers chapitres, je refermai le livre, dans un état un peu bizarre… Ce n’est que le lendemain, lorsque je le repris pour en continuer la lecture, que je pus mettre un nom sur ce sentiment ; l’énervement.

Oui, la lecture m’avait énervée, et je ne savais pas trop pourquoi, d’ailleurs. J’ai donc continué plus avant, et commencé à faire connaissance avec les divers protagonistes de l’histoire, tous des fans fous-furieux du Boss, le suivant lors de ses tournées européennes, connaissant tout de lui, ayant un nombre incalculable de pirates, des photos dédicacées, des souvenirs en pagaille…

« Ne serais-je pas un peu jalouse ? » me suis-je demandée en mon for intérieur. « Est-ce pour cela que ce bouquin m’énerve ? »

J’ai encore continué, et je me suis fait une raison : ce livre m’ennuyait, et surtout, je n’aimais pas du tout les personnages. Tous des cons, selon mon jugement personnel ! Et puis la description de leur petite vie de merde, pour la plupart, censée probablement nous conduire sur l’explication des meurtres pas beaux qui touchent un à un les membres de la bande de fans, me gonflait profondément !

Mais franchement, les fans de Springsteen ne peuvent être que des gens bien !!!

(mais c’est évident, voyons ! Les cons ne peuvent pas aimer ce mec si génial, si humain, si intègre !)

Et là, on a quoi ? Des cocufieurs et cocufiés en pagaille, des histoires de coucheries, des toxicos, des folles, des dealers, des chieurs, des tristes, des médiocres… C’en est caricatural, et ça m’a saoulée comme il faut. A aucun instant je ne suis parvenue à m’attacher (et encore moins à m’identifier) à un seul des héros, qui pourtant, sont fans de Springsteen comme moi ! Non, en fait, plus que moi ! Même que c’en est maladif, pour eux ! Et en tant que bonne control freak qui se respecte, je n’aime pas les pertes de contrôle quelles qu’elles soient. Ces fans, que je pensais jalouser au début, je les trouvais en fait pathétiques, et ça m’a rendue triste.

Cela étant, j’ai tout de même continué le livre, car il est extrèmement bien écrit, et puis je voulais savoir qui était le meurtrier. Mais alors que les trois premiers quarts du livre m’ont paru longs ! Seul le dernier quart, où tout se dénoue (et où j’avais déjà deviné l’identité du meurtrier depuis un bon moment grâce aux indices semés çà et là dans le bouquin) s’accélère un peu et a trouvé grâce à mes yeux.

Par ailleurs, deux autres choses m’ont également énervée dans ce polar.

La première, c’est quand l’auteur fait intervenir Bruce, et s’autorise à le faire penser, réagir. J’ai trouvé, dans toute ma retenue objective habituelle (mon cul), que c’était un sacrilège ! Qu’il n’avait pas le droit ! D’ailleurs, en général, je déteste les fictions faisant intervenir des personnages pas encore morts. Je m’imagine célèbre et en vie, et je pense que je n’apprécierais pas du tout que l’on me fasse subir un tel « traitement ».

La seconde, c’est la deuxième enquête menée par le grand-frère du gendarme, le policier de Montpellier. Elle n’a strictement aucun intérêt, et n’apporte pas grand’chose à l’histoire proprement dite. Si c’était juste pour brouiller les pistes, c’était pas franchement la peine…

Donc tu l’auras compris, j’ai été extrèmement déçue par ce livre. Sans doute m’en faisais-je trop une fête… Cela dit, les autres critiques que j’ai pu lire sur le net sont assez positives, pour ne pas dire élogieuses ! Je pense que ma déception tient plus à ma personnalité tordue qu’au livre en lui-même.

Le mieux, c’est donc que tu t’en fasse une idée par toi-même, et surtout si tu aimes le Boss !

Je concluerai cet article en te laissant écouter la chanson qui a donné son titre au roman (« Something in the Night » sur l’album « Darkness on the Edge of Town »), et dont une phrase est le leitmotiv de l’assassin : « Nothing is forgotten or forgiven »…

Et là, c’est que du tout bon…

m

« Quelque chose dans la nuit » de Mikaël Ollivier

Editions Le Passage (2011)